Aller au contenu

Pourquoi ai-je impulsé le projet Open Badge dans ma structure ?

Qu’est-ce qu’un Open-Badge ?

Un Open badge est une une image numérique qui reconnait des expériences, réalisations, compétences, engagements, valeurs ou aspirations d’une personne.

Dans cette image, on y retrouve un certain nombre de métadonnées :

  • l’identité du récepteur du badge ;
  • celle de l’émetteur ;
  • les critères d’attribution du badge ;
  • les preuves justifiant de son attribution.

Il constitue une déclaration numérique vérifiable et infalsifiable.

Origines et exemples

Créés en 2011 par la fondation Mozilla, les Open Badges fournissent un système d’accréditation qui vise à créer de nouvelles opportunités de carrière et d’éducation en faisant la promotion de la reconnaissance des compétences et des réalisations acquises par le biais d’un apprentissage formel et informel.

Utilisés dès leur apparition en 2011 aux États-Unis, les Open Badges arrivent en France après la déclaration de Bologne pour une reconnaissance ouverte (28 octobre 2016), notamment avec le projet Badgeons la Normandie en 2017 et la création de l’association Reconnaître en 2018 sous l’impulsion de Patrice PETITQUEUX.

Reconnaitre

Aujourd’hui la communauté Reconnaitre compte 500 membres.

De nombreux types de badges peuvent être envisagés :

  • Badges de participation
  • Badges d’engagement (avec niveaux)
  • Badges de savoir-faire
  • Badges de compétence
  • Badges de réalisation ou de projet (individuel ou collectif)
  • Badges écrit réflexif
  • Badges animation d’une action de formation
  • (…)

On peut aussi créer des Méta-badges, c’est à dire des badges de badges permettant de reconnaitre un ensemble de savoirs, savoirs-êtres, savoirs-faires, d’expérimentations ou d’expériences, implications ou d’engagements, de valeurs…

La communauté permet de reconnaitre un ou plusieurs Open-badge(s) sur plusieurs structures et donc d’assurer une continuité dans l’expérience des détenteurs puisque leurs expériences, réalisations, compétences, engagements, valeurs ou aspirations sont reconnus par un ensemble d’acteurs de l’écosystème.


Genèse de mon projet

Mi-2018, j’ai dû abandonner presque intégralement mon parcours de photographe indépendante, qui constituait la presque totalité de mes revenus, et me réorienter vers une autre activité.

J’ai décidé de profiter de cette occasion pour approfondir mes connaissances dans le numérique, tout d’abord en m’autoformant sur WordPress, la communication numérique (Blog, Réseaux sociaux), puis en m’inscrivant dans une formations de niveau 7 (Master 2) à l’Ecole des Mines et au Celsa (double cursus).

J’ai choisi, dès le mois d’octobre 2019 de faire partie du parcours d’Etudiante entrepreneure, ce qui m’a permis de participer à des ateliers et surtout d’intégrer l’incubateur de l’IMT Mines Alès. A cette époque, j’avais déjà dans l’idée de revenir dans le milieu de la formation.

Puis la COVID s’est installée durablement sur notre territoire avec un premier confinement mi-mars 2020, alors que j’avais prévu d’effectuer mon stage de fin d’études sur Paris. J’ai donc fait mon stage à distance avec La Rochelle Université, l’incubateur et Pépite France – Le réseau des Étudiants-Entrepreneurs, sur mon projet de création d’une activité de formation professionnelle et de communication numérique avec le statut d’Entrepreneure salariée, statut que j’ai obtenu début juillet 2020 chez ACEASCOP.

A cette période, j’ai découvert les Open-Badges, ainsi que les projets menés par l’Université de Poitiers. Dès lors, l’envie de créer un projet de formation utilisant les open-badges avait tout son intérêt, d’autant que l’illectronisme touche près d’un tiers de la population française.

C’est aussi à cette époque que je me suis intéressée à la Certification CléA NUMERIQUE. Le gros point positif de cette certification est le fait de valider en amont, dès le positionnement du stagiaire, les acquis de l’expérience. Il ne manque plus que la mise en œuvre collective des Open-badges avec Certif Pro, pour proposer une reconnaissance partielle des 4 « compétences-clés ».

Ce sont ces deux derniers maillons qui ont inspiré en moi l’idée de mettre en œuvre les Open-badges dans les formations et l’insertion socio-professionnelle, notamment pour les plus fragilisés face à la formation, l’emploi, et l’insertion sociale. C’est pour moi un moyen extraordinaire de leur redonner confiance en eux et de leur permettre de progresser.

D’un point de vue pédagogique, les badges ont la vertu de favoriser l’implication des stagiaires (être présent à une formation, arriver à l’heure, respecter le formateur et les autres stagiaires, s’impliquer dans le déroulement de la séance, participer même lorsqu’on est timide et recevoir sinon de l’empathie, au moins de la bienveillance du groupe…).

Objectif : fédérer une communauté d’acteurs autour des Open-Badges

Entre-temps, je suis devenue salariée intrapreneure dans un organisme de formation. Je suis chargée de la qualité (coucou hashtag#QUALIOPI) et des habilitations à former et certifier, je suis référente hashtag#handicap et inclusion, et je gère la protection des données à caractère personnel.

Lorsque sur le premier semestre 2022, j’ai commencé à me replonger dans l’écosystème des Open-badges, j’ai pu constater que des communautés naissent en province, notamment sous l’impulsion des Régions, par contre l’Ile de France semble faire exception. Dans le Wiki de l’Association Reconnaitre, il est indiqué que :

Alors que plusieurs régions travaillent depuis longtemps sur les Open Badges, la région Ile-de-France est pour le moment en retrait. Beaucoup de structures s’intéressent pourtant à la démarche de reconnaissance à travers cet outil, mais il n’existe pas pour l’heure de coordination et de pilotage territorial.

On compte seulement 9 membres sur l’espace Badgeons l’Ile de France.

J’ai remarqué que certaines communautés, telles que celle du GRETA du Velay, ont avancé à l’international, mais ne permettent aux autres organismes de formations pas d’entrer dans leur giron, ou à l’image du Réseau Canopé qui s’est replié sur l’enseignement (Education Nationale et Enseignement supérieur) à la faveur d’un changement de politique début 2022. Dès lors, comment se fédérer lorsque des acteurs nous ferment leurs portes ? Qu’aucun partage de pratiques ne semble possible ?

Ok, j’en conviens, il n’y a pas qu’eux sur terre. Mais ils font aussi partie de l’écosystème.

Par ailleurs, j’entends peu parler de ce sujet au niveau des fédérations professionnelles : Les Acteurs de la Compétence et FFFOD / Forum des acteurs de la formation digitale. J’ai rencontré les Acteurs de la Compétence à Paris le 8 juillet dernier à l’occasion d’un petit déjeuné qu’ils organisaient. A priori, je suis passée un peu pour une « extraterrestre », dans la mesure où le sujet n’a jamais été réellement pris au sérieux par cette fédération. J’espère que, depuis, une commission s’est mise en place et participe à ce chantier, bien que le nombre de personnes inscrite sur le wiki Badgeons l’Ile de France n’aie pas plus de membre depuis mon inscription le 2 mars 2022.

J’ai également parlé avec diverses personnes de l’écosystème, dont Nathalie Le Ster / Jenback, des responsables dans des organismes de formations, en Ile de France, il s’avère très compliqué pour les Franciliens de s’engager dans la démarche, bien que certaines Missions Locales commencent à prendre en considération ce nouvel outil de validation des expériences, réalisations, compétences, engagements, valeurs ou aspirations par des structures ou par les pairs. Pôle Emploi, par contre, semble regarder les Open Badges d’un œil assez circonspect.

A l’heure où France compétences met en place via le Groupe Caisse des Dépôts le Passeport de Compétences, et où l’Union Européenne envisage de mettre en place un service de formation professionnelle mutualisée entre les Etat membres (sur la plateforme Europass) plus ou moins sur le modèle du CPF, créant ainsi un droit individuel à la formation européen, il serait peut-être temps (en tout cas j’en suis convaincue) de mettre tous les acteurs de la formation et de l’insertion socio-professionnelle autour d’une (ou plusieurs) table(s) afin de réfléchir ensemble sur le sujet de l’intégration des Open-badges dans le parcours des personnes. Je pense en particuliers à toutes celles qui sont sorties du système scolaire sans diplôme, à toutes celles qui ont eu des ruptures d’activité (coucou les mère de familles), aux personnes durables en marge de la vie sociale et/ou professionnelle, et à tous ceux qui ne se sont pas (ou plus) formé depuis des années et qui évitent d’entrer en formation par peur de l’échec.

Vous avez envie d’en discuter, contactez-moi !

Plus on sera nombreux à nous mobiliser autour des Open-badges, plus nous pourrons agir collectivement vers une reconnaissance globale.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *