Les universitaires sont convaincus que pour être un bon professionnel, quelle que soit le domaine, il faut :
– avoir des connaissances théoriques, beaucoup de connaissances théoriques,
– un peu de pratique (les TP, les projets tutorés et les stages),
– avoir une spécialisation qui nous différencie (souvent au travers d’un mémoire de fin d’année ou de fin de stage).
En réalité, il n’y a qu’une seule chose qui pèse vraiment dans la balance et c’est notre capacité d’apprentissage et d’adaptation au poste.
En effet, et on le voit régulièrement avec l’AFEST, la capacité à apprendre sur le poste de travail est un gros avantage parce qu’on apprend plus rapidement qu’assis sur le bac de la fac ou d’une salle de classe.
Par ailleurs, l’AFEST permet d’acquérir les bons réflexes et d’intégrer plus rapidement la culture de l’entreprise.
De surcroît, l’analyse réflexive réalisée avec le tuteur permet une analyse de sa pratique au quotidien, qui devient rapidement une habitude permettant de s’autoévaluer et donc de s’améliorer continuellement, ce qui porte sur un enjeux qualitatif et une meilleure productivité dans l’entreprise.
Enfin, la Validation des Acquis de l’Expérience (VAE) démontre que l’expérience acquise en entreprise, dans le milieu associatif en tant que bénévole, ou même dans le cadre familial peut être valorisée pour obtenir tout ou partie d’un titre professionnel. Nul besoin de théorie, mais un besoin de réflexivité pour évaluer son expérience et sa concordance avec l’un des éléments du référentiel de compétences.
Donc former quelqu’un préalablement et / ou pendant sa prise de poste, en collaboration avec un référent AFEST ou un Architecte Accompagnateur de Parcours, permet d’améliorer son employabilité, ses compétences, sa culture d’entreprise, sa productivité, sa qualité du travail rendu (amélioration continue grâce à l’analyse réflexive de sa pratique)…
C’est pour cela que l’AFEST a été reconnue en 2018 (Loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel) et que la réforme de la Validation des Acquis de l’Expérience (VAE) simplifie la démarche dans le but d’atteindre 100 000 (oui, oui, cent milles) validations d’ici la fin du quinquennat.
Finalement la théorie, c’est bien, mais ça ne fait pas manger son homme, et surtout ça ne démontre en rien l’employabilité d’une personne. Or, les diplômes enregistrés au Répertoire National des Certifications Professionnelles (RNCP, qui recense tous les diplômes, qualifications, certifications délivrées en France et enregistrée par la commission de certifications de France Compétences) sont délivrés sur une évaluation d’un ensemble de compétences regroupées par blocs.
La compétence, c’est la capacité à réaliser une tâche ou à résoudre un problème de manière secure pour soi et autrui (collègues, collaborateurs, clients…) dans un temps imparti. Car, oui la compétence inclus une part de rentabilité pour l’entreprise.
Or, la partie gestion du temps, sécurité, rentabilité n’est pas traitée lorsqu’on est étudiant. C’est l’expérience qui permet de l’acquérir.
Si je fais une analogie avec le permis de conduire, c’est pas parce qu’on détient le fameux papier rose qu’on sait conduire. Car conduire, c’est être capable de :
– respecter le code de la route (la base),
– éviter de créer des accidents,
– savoir anticiper (et c’est là que ça commence à se compliquer chez les novices),
– savoir résoudre rapidement des problèmes (et parfois le manque de réflexes peut m jouer des tours).
Et une grande partie des deux derniers points s’apprend par la pratique.
Allez, une autre analogie, cette fois-ci avec la musique. Lorsqu’on vit dans une famille de musicien, forcément ça aide. ?
Un musicien fait ses gammes pour s’échauffer, tous les jours, comme un sportif. Ensuite, il va répéter ses morceaux jusqu’à les connaître par cœur. C’est seulement à partir de ce moment là qu’il va pouvoir y ajouter l’interprétation qui va différencier sa prestation de la simple exécution. C’est donc bien la pratique, et l’analyse de celle-ci, qui lui permettent de devenir un virtuose.
Mais un musicien qui s’arrête de jouer, de la même manière qu’un sportif qui arrête de s’entraîner, va perdre en dextérité. Et s’il répète toujours la même chose, sans sortir de sa zone de confort, il n’évoluera pas. Du coup son public risque de se lasser, ce qui peut menacer sa carrière artistique.
De la même façon, le maintien d’une compétence demande aussi une pratique régulière et une actualisation de ses savoirs / savoirs-être / savoirs-faire.
En ce sens, la FEST (formation en situation de travail) et la VAE consacrent l’acquisition de compétences grâce à la pratique régulière d’une activité, l’analyse de pratique, l’amélioration continue, la capacité d’apprendre à apprendre pour actualiser ses connaissances.
Alors-même que l’étudiant qui entre sur le marché du travail sans expérience est encore dans l’expérimentation de la pratique.
